Tchad : utopie agricole 

Vu que les temps sont durs et que la crise ne choisit pas ses victimes, les mesures d’austérités elles, ont la réputation de s’attaquer à tous et d’achever les plus faibles. 

J’ai décidé pour une fois de suivre les conseils de l’Etat pour survivre, on nous a conseillé de retourner cultiver car à l’époque ça pesait dans l’économie du pays et en plus depuis quelques temps on a mis à la disposition des agriculteurs des tracteurs sensés faciliter leur travail. 
OK. 

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Je voulais tout lâcher et me lancer dans l’agriculture, je m’imaginais déjà traverser mes hectares de plantations de maïs🌽, blé🌾, sorgho et tout le tralala au volant de mon tracteur🚜 flambant neuf avec un chapeau de cowboy en machouillant une brindille et en marmonnant : « j’adore qu’un plan se déroule sans accroc »   , bref le rêve agricole tchadien. Puis je me rendis compte que la saison des pluies est quasiment terminée, que la majorité des tracteurs de ce pays sont dans les jardins de nos hauts fonctionnaires et qu’il n’y a pas de chapeau de cowboy au marché central. 

Bref je m’étais gouré, j’avais pas un fond de départ pour me lancer dans l’agriculture, pas d’hectares à labourer et en plus la saison des pluies est terminée. 

Que faire alors ? 

Au lieu de me résigner comme certains, j’ai décidé d’interpréter la solution proposée par l’État. Nos hauts cadres ne peuvent quand même pas nous demander sans raison de nous lancer dans l’agriculture juste après la saison des pluies?

Une idée me traversa la tête, je pourrais bien devenir maraîcher. Même si je n’augmenterai en rien le pib national, je gagnerais assez pour vivre un moment sans soucis financier. 

J’ai alors décidé de produire des tomates, des chous et surtout pas de concombres( car j’aime pas les concombres).

Je m’endette pour acheter un râteau, une pelle et des graines et voilà que les 5 mètres carrés devant ma chambre deviennent un champ (car j’ai pas d’hectares à labourer) et vu le prix des tomates au marché, les récoltes même pour 5 mètres me permettront d’acheter un nouveau phone( à chacun ses priorités). 

2 à 4 jours passèrent, rien ne sortait du sol, j’ai eu le malheur d’apprendre qu’on ne cultive pas des tomates sur de la terre mélangée à du sable et que les termites avaient détruit les graines. 

Bref c’était mort, je n’étais quasiment pas doué pour l’agriculture, j’avais juste un corp administratif et des mains bonnes qu’à tenir un bic, je n’avais plus de force pour esquiver mes créanciers et on raconte que même pour devenir un bandit au marché faut se faire pistonner. 

Bref j’étais condamné. 

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Tout ça pour dire à ceux qui nous demandent de retourner vers l’agriculture que :

  1. Les jeunes de la ville n’y connaissent rien. 
  2. Faudrait mettre en place une cellule chargée de former les jeunes intéressés par l’agriculture. 
  3. Subventionner tout ce qui peut aider les agriculteurs. 
  4. Accorder des prêts aux agriculteurs. 

Se lancer dans l’agriculture sans expérience ni accompagnement est un suicide, surtout quand c’est même pas la saison. 

Annadjib

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